ontréal tient sur une île du Saint-Laurent, coiffée d'une colline que ses habitants appellent simplement « la montagne » : le mont Royal, aménagé en 1876 par Frederick Law Olmsted, l'architecte de Central Park. Fondée en 1642 sous le nom de Ville-Marie, elle est aujourd'hui la plus grande ville francophone des Amériques — mais elle se raconte surtout dans le va-et-vient.
Le boulevard Saint-Laurent, la « Main », sépare historiquement l'est francophone de l'ouest anglophone, et c'est le long de cette couture que la ville s'est inventée, nourrie par des vagues d'immigration juive, italienne, grecque, portugaise, haïtienne, libanaise et vietnamienne. Le résultat se goûte à toute heure : bagels bouillis au miel et cuits au four à bois dans le Mile End, smoked meat tranché à la main sur la Main, poutine à trois heures du matin sur le Plateau.
L'été, Montréal vit dehors et à voix haute — Festival international de jazz, Osheaga, terrasses qui avalent les trottoirs, ruelles vertes. L'hiver, elle descend sous terre dans le RESO, le plus vaste réseau piétonnier intérieur du monde, ou enfile sa tuque et continue comme si de rien n'était.
Ville de quatre universités, berceau du Cirque du Soleil et de Leonard Cohen, pôle mondial du jeu vidéo et de l'intelligence artificielle, elle garde des loyers de ville moyenne et des ambitions de capitale. Ses rituels tiennent lieu de monuments : tam-tams du dimanche au pied de la montagne, soirs de match des Canadiens au Centre Bell, première terrasse dès que le mercure repasse au-dessus de zéro. On ne visite pas Montréal quartier par quartier — on l'apprend saison par saison.










